C’est la question la plus fréquente de nos appels en location, et la réponse est claire, contrairement à ce que beaucoup de bailleurs laissent entendre.
La loi du 6 juillet 1989 qui régit les rapports locatifs impose au bailleur de délivrer un logement décent, exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites. La mention explicite des nuisibles a été ajoutée en 2018 et ne laisse plus de place à l’interprétation.
Concrètement, la charge du traitement revient au propriétaire, sauf s’il démontre que l’infestation résulte de votre fait. Notez bien le sens de la preuve : ce n’est pas à vous de prouver que vous n’y êtes pour rien, c’est à lui de prouver que vous en êtes responsable. Dans les faits, cette démonstration est très difficile à apporter, parce qu’une punaise voyage dans un bagage et qu’aucun élément ne permet de dater son arrivée.
Si l’infestation est constatée dans les jours qui suivent votre entrée dans les lieux, la présomption joue très fortement contre le bailleur : le logement n’était pas conforme à la remise des clés.
Si elle apparaît après plusieurs années d’occupation, certains propriétaires tentent de vous l’imputer. Leur argument ne tient que s’ils apportent un élément concret, un retour de voyage suivi immédiatement d’une infestation par exemple. Une simple affirmation ne suffit pas.
C’est l’erreur la plus courante. Vous avancez les frais pour que le problème soit réglé, et vous perdez ensuite tout levier pour vous faire rembourser. Si vous devez absolument avancer, exigez au préalable un accord écrit du bailleur, même un simple courriel.
C’est la pièce qui pèse le plus dans un dossier. Un rapport professionnel mentionne l’espèce identifiée, les zones concernées, l’étendue de l’infestation, les produits utilisés et les préconisations. Il établit une réalité technique que le bailleur ne peut pas contester d’un revers de main, et il sert aussi bien devant une commission de conciliation qu’en discussion amiable.
Nous le remettons après chaque passage, y compris après un simple diagnostic qui n’a pas été suivi d’un traitement.
En location meublée, la responsabilité du bailleur est encore plus nette : le mobilier fait partie de la prestation qu’il fournit, et un canapé ou un matelas infesté relève directement de lui.
En colocation, la difficulté est pratique plus que juridique. Le traitement doit couvrir toutes les chambres en même temps, faute de quoi les insectes se réfugient dans la pièce non traitée. Nous refusons d’ailleurs les interventions partielles en colocation, parce que nous savons qu’elles échouent.
Les contrats d’assurance habitation standard ne couvrent pas les infestations de nuisibles. Quelques garanties étendues le prévoient, souvent avec un plafond bas et une franchise. Vérifiez votre contrat avant d’engager quoi que ce soit, mais ne comptez pas dessus : dans la très grande majorité des dossiers que nous voyons dans les Yvelines, la réponse de l’assureur est négative.
C’est la pièce qui fait avancer un dossier face à un propriétaire qui conteste. Nous le fournissons systématiquement.